Logistique verte, comment rendre votre entrepôt plus écologique et durable ?

Laetitia Lapiana
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Prendre le virage de la logistique verte pour transformer des entrepôts énergivores en bâtiments durables, écologiques et écoresponsables, n’est pas une option dans l’air du temps. Démarche prioritaire à l’échelle mondiale, ses enjeux sont aussi bénéfiques pour limiter l’impact environnemental des activités logistiques que pour optimiser son efficacité opérationnelle, et renforcer son image de marque et sa compétitivité. Un petit tour des pistes vertueuses et bonnes pratiques pour réussir la transition verte de ses entrepôts logistiques.

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femme sur tablette dans entrepôt écologique
La logistique verte représente un défi majeur pour transformer ses entrepôts en mode durable et écoresponsable. ©gettyimages
Sommaire

Sobriété énergétique, un défi de taille pour la logistique

Face à la nécessité de préserver la santé de notre planète, aux exigences accrues en matière de réglementations et de normes environnementales, et aux attentes croissantes des clients et des salariés en la matière, les entreprises en général – et les entrepôts logistiques en particulier – sont plus que jamais confrontés aux défis de la logistique verte. Aussi appelés « sustainable warehouses », les entrepôts durables s’inscrivent ainsi dans une démarche, qui favorise la mise en place de stratégies et d'actions concrètes de sobriété énergétique à toutes les étapes du cycle de vie des produits, de la fabrication au conditionnement et à la livraison, en passant par le stockage et la commercialisation. Le but recherché est la limitation de l’impact environnemental lié aux installations et aux différentes activités, en passant notamment par la réduction de production des déchets, du gaspillage des ressources, de la consommation d’énergie et, in fine, de l’empreinte carbone.

Le secteur du bâtiment est responsable de 21 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et de 37 % des émissions de CO2.

Vers une gestion efficiente des énergies

L’un des axes prioritaires pour inscrire sa supply chain dans la durabilité concerne en premier lieu l’efficacité et la surveillance énergétiques : elles doivent être appréhendées de façon globale, tant à l’échelle de l’entrepôt, en tant qu’espace physique, que de ses différentes activités et équipements. L'objectif visé est de réduire drastiquement la consommation d’énergie, la dépendance aux combustibles fossiles, ainsi que les émissions de carbone, en contrepartie d’importantes économies d’énergie et d’une gestion énergétique efficiente :

  • Entreprendre des travaux d’isolation thermique afin d’enrayer les déperditions de chaleur et de réduire la consommation en chauffage et en climatisation, grâce à une protection renforcée, pour un confort thermique accru.
  • Installer des ventilateurs grand volume et à faible régime (GVVB), qui permettent de diminuer la température de 4 °C en moyenne par fortes chaleurs et de réaliser jusqu’à 30 % d’économies d’énergie.
  • Procéder au « relamping » de l’entrepôt, en remplaçant les anciennes ampoules par des LED à basse consommation, qui bénéficient aussi d’une durabilité renforcée.
  • Tirer profit de la lumière naturelle et des rayons du soleil, via l’installation de puits de lumière, de miroirs réfléchissants ou de capteurs de luminosité, pour adapter l’intensité de l’éclairage selon les espaces et les activités.
  • Installer des détecteurs de mouvement et d’activité, permettant d’automatiser l’éclairage, l’ouverture des portes et le fonctionnement de certains équipements.

À plus grande échelle, le secteur logistique a tout intérêt à diversifier ses sources d’énergie, en optant pour des solutions renouvelables propres et écologiques, capables d’assurer davantage d’autonomie, comme les panneaux solaires installés sur les toits des entrepôts, l’énergie éolienne, la géothermie ou les chaufferies au bois.

L'automatisation au service d’une logistique écoresponsable

En pleine croissance depuis la crise sanitaire, l’automatisation des processus logistiques – rendue plus innovante, grâce aux apports du Big Data, de l’intelligence artificielle (IA), du machine learning, des robots logistiques, etc. –, est également gage de durabilité des installations, de plus haute performance des processus logistiques et de réduction des gaz polluants. Approvisionnement, stockage, préparation des commandes, livraisons, systèmes de tri des produits et des déchets, tâches répétitives, équipements et manutention... La gestion automatisée de tout ou partie des flux physiques et informationnels joue en effet un rôle clé dans la décarbonation des entrepôts, grâce à l’emploi de l’électricité versus les énergies fossiles. Elle permet en même temps de limiter les risques d’erreurs et le volume des déchets, et de fluidifier le fonctionnement des activités pour plus d’efficacité et de fiabilité. Autant de facteurs qui participent à diminuer sensiblement la consommation d’énergie, les entrepôts entièrement automatisés pouvant aussi fonctionner sans éclairage (« dark warehouses » ou entrepôts aveugles).

Valorisation des déchets et optimisation du recyclage

C’est connu, les opérations logistiques génèrent un grand volume de déchets, résidus et rebus industriels au quotidien. Et même si les entreprises et autres industries sont tenues depuis le 1er juillet 2016 de gérer les flux des principaux déchets – plastique, papier, carton, métal, verre, bois... –, la logistique verte va plus loin, grâce à la mise en place de stratégies globales de gestion des déchets. Connue du grand public et du monde de l’entreprise, la méthode des 5R permet de relever davantage de défis pour limiter l’impact environnemental, en intégrant 5 bonnes pratiques écoresponsables simples à mettre en œuvre au quotidien :

  • Réduire le volume et la taille des emballages pour limiter au maximum l’utilisation des matières premières.
  • Réutiliser les matières et emballages plutôt que de les jeter et d’en créer de nouveaux, en valorisant les ressources existantes.
  • Remplacer les matériaux polluants par des produits plus respectueux de l’environnement, en favorisant par exemple l’écoconception d’emballages et de packagings utilisant des matériaux biosourcés.
  • Recycler, en optimisant le dispositif de tri sélectif et de collecte et en favorisant une économie circulaire pour réduire leur production.
  • Repenser son organisation et son fonctionnement, en créant des groupes de travail dédiés, destinés à imaginer de nouvelles solutions de logistique verte afin d’intégrer des pratiques durables pour une réduction de son empreinte environnementale.

Sachant que le transport est le premier émetteur de gaz à effet de serre (GES) en France, avec 32 % des émissions de CO2, la relocalisation des entrepôts et des lieux de stockage au plus près de ses clients et distributeurs est devenue essentielle pour réduire les distances, le coût de transport, la consommation en carburant, et donc la pollution générée. Cela contribue grandement à une logistique intégrée plus durable.

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